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Les Archives municipales de Boulogne-sur-Mer sont riches d’un fonds de 1937 photographies sur verre, des images négatives ou positives qui ont comme support le verre.
Celui-ci fut, en effet, utilisé comme support photographique dès 1850. Les photographies sur plaques de verre comportent un côté verre et un côté émulsionné, la couche sensible au gélatino-bromure d’argent.
De technique aisée, ces plaques peuvent être conservées sur une longue période en respectant des conditions strictes : l’humidité et les variations de température sont proscrites, il faut également surveiller l’intensité de l’éclairage ainsi que la durée d’exposition et éviter le contact de ces plaques avec des matériaux pollués ; il est, par exemple, nécessaire de retirer les plaques de verre de leur boîte d’origine en carton ou en bois, ces matériaux pouvant dégager des produits néfastes.
Lorsque les conditions de conservation ne sont pas respectées, différentes altérations peuvent apparaître. Ces dernières, de nature physique, chimique ou biologique, attaquent aussi bien le verre que l’image.
Cliché anonyme. 60Fi3 © Arch. mun. Boulogne-sur-Mer
Le premier défaut des plaques de verre est bien sûr la fragilité du support, certaines étaient cassées ou fêlées. Une préparation défectueuse de la plaque, l’emploi d’un verre de mauvaise qualité et surtout des conditions climatiques défavorables peuvent entraîner le décollement de la couche image. Une humidité excessive peut entraîner l’adhérence des plaques entre elles.
Lorsque les négatifs n’étaient pas assez denses, les photographes appliquaient un traitement de renforcement à base de mercure. L’image ainsi intensifiée se conserve mal et prend une coloration jaune intense ou blanchâtre. Cette altération spectaculaire n’empêche pas d’obtenir des tirages de bonne qualité.
Le premier travail des Archives municipales a été de conditionner au mieux ces plaques de verre dans un lieu se rapprochant des conditions optimales de conservation. Chaque plaque est d’abord enveloppée dans une pochette en papier de qualité adéquate à quatre rabats et installée dans une boîte en carton également approprié.
Ce travail effectué, la question de l’exploitation de ces plaques s’est posée. Provenant de différents fonds, public ou privé, ces plaques en raison de leur âge, de leur conservation antérieure, étaient pour la plupart impossible à communiquer au public et très difficilement utilisables.
La seule solution envisageable pour préserver et présenter ces dernières étaient de les numériser en retouchant l’image afin de permettre leur utilisation pour différents supports (livres, panneaux, etc.…)
Ces plaques proviennent de divers fonds, le premier est celui des Archives municipales, composé de près de 900 plaques, il comprend les nombreuses photographies d’Henri Caudevelle qui en 1900, missionné par la Chambre de Commerce et d’Industrie, a photographié toutes les rues de Boulogne-sur-Mer.
Certaines structures locales possédant des plaques de verre ont jugé que n’ayant ni les moyens techniques, ni les conditions financières pour conserver ces dernières, il était préférable d’en faire don aux Archives municipales. De ce fait, Nausicaà et le musée maritime de la Maison de la Beurière ont cédé aux Archives municipales leurs plaques. Celles-ci ayant toutes une orientation maritime elles ont été numérisées.
Enfin, Les Archives ont, en 2009, reçu d’un particulier M. Gournay, plus de 1000 photographies, parmi celles-ci 538 plaques de verre. D’une grande richesse, la famille Gournay étant une famille d’armateur, elles permettent d’entrer dans leur intimité et dévoiler un aspect singulier de la vie Boulogne au début du XXe siècle.
Sur les 1937 plaques de verre du fonds des Archives municipales, 684 ont un lien plus ou moins fort avec le monde maritime. Des rues des quartiers maritimes de Boulogne, aux bateaux de pêche ou de croisière, aux touristes sur la plage, leur diversité n’a d’égale que leur richesse. En effet, datant de la fin du XIXe siècle, elles montrent un Boulogne essentiellement tourné vers la mer.
Grâce au programme Interreg IV A 2 mers, ce sont donc 684 plaques qui ont été numérisées brut de scan sans retouches en janvier 2010. Sur ces 684 plaques, 320 d’un intérêt certain, ont été sélectionnées pour être retouchées et imprimées sur papier photo au format 30 x 40 cm.
Plaque de verre non retouchée. Cliché anonyme. 60Fi105 © Arch. mun. Boulogne-sur-Mer
La même plaque de verre retouchée. Cliché anonyme. Tirage contemporain. 60Fi105

En effet, dans la seconde moitié du XIXe siècle, Boulogne-sur-Mer est une ville aux multiples visages : grand port de pêche, elle est également une des premières stations balnéaires de France, en témoignent les abondantes cartes postales éditées à cette époque.
Attirant de nombreux touristes, la ville de Boulogne séduit aussi les pionniers de la photographie : Baldus, Boutique, Maroniez, Grassin, … mais aussi de nombreux anonymes qui sur place photographient leurs familles sur la plage, les hôtels où ils logent, le casino où ils se divertissent, léguant un témoignage précieux sur la vie mondaine de l’époque, et sur cette mode des bains qui, en partie, façonnera Boulogne.
Cette exposition présentée aux Archives municipales du 11 septembre au 10 novembre 2010 est constituée d’une centaine de documents originaux, photographies, affiches…, sélectionnés pour leur beauté, leur valeur historique ou leur curiosité ; mais aussi de douze panneaux abordant des thèmes tels que le casino, la plage, les hôtels, les stations balnéaires voisines…
Vue d’une partie de l’exposition « Boulogne-les-Bains : Photographies 1850-1914 » © Arch. mun. Boulogne-sur-Mer
En parallèle de cette exposition, a été édité un catalogue d’une centaine de pages illustré de nombreuses photographies.
Les douze panneaux de l’exposition sont aujourd’hui itinérants et peuvent être accueillis par les partenaires du projet. Les structures intéressées peuvent en faire la demande aux Archives municipales. Le prêt est gratuit. Seul le transport est à la charge des intéressés.
La numérisation de ces plaques de verre offre la perspective d’autres projets ; en effet, les sujets présents sur ces plaques sont nombreux et peuvent, dans le futur, être de nouveau, le fil conducteur d’une nouvelle exposition.
Maxime BLAMANGIN
Archives municipales
Boulogne-sur-Mer